Raid O'bivwak 2009

Le raid O’bivwak, raid international
d’orientation. Week-end de la Pentecôte. 30/31 mai 2009.

http://www.obivwak.net/

 

 

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Vendredi.

 

J’ai obtenu mon autorisation d’absence (« sans solde », ce qui me paraît normal, puisque si pas de travail, pas de sous… tout juste « injuste » car beaucoup profitent du système, et moi qui ne demande jamais rien, ben…mais bon, je ne vais pas râler pour ça, y’a des choses bien plus importantes…), nous pouvons donc partir pour l’Ardèche dès le vendredi. Nous, c’est Jean Raymond, Eric (tous deux connus dans le monde du raid sous le nom d’équipe « les quadras »), Arnaud et Emilien Baillet (« les frères »),  soit quatre raideurs du Team Ecouvillon Aventure, et moi.

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Nous arrivons au camping de Saint-Cirgues en Montagne après avoir traversé une bonne partie de la France sous un soleil radieux.


camping

toilette 

Mon coéquipier, François, de Lyon, doit venir nous y rejoindre. Il me passe un premier fil m’annonçant son arrivée dans une heure. L’heure passe, dépasse, et là, la mauvaise nouvelle tombe : accident. Une seconde d’inattention, un muret ; bilan : douleurs aux cervicales et voiture fichue. François attend les pompiers. Vers une heure du matin, il m’envoie un message pour me dire qu’il est à l’hôpital : rien de bien grave, fort heureusement, mais il ne pourra pas participer au raid. Gros coup de mou…

 


Samedi matin.

 

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Après une nuit sans sommeil, il me faut trouver une solution. Après avoir expliqué la situation, je demande à l'organisation si je peux me joindre à une équipe isarienne (avec qui j’ai fait le trajet) pour faire le raid quand même, ce qui m'est refusé (normal : intellectuellement, on serait plus fort à trois et cela ne serait pas juste pour les autres équipes). On me propose alors de passer une petite annonce de recherche de coéquipier(ère), de me joindre à une équipe courant sur le circuit G ou H (car possible de le faire à 3) ou encore de faire le mini-raid du dimanche.

J’ai le moral dans les chaussettes, et aucune proposition ne me convient vraiment. Mais je me vois mal regarder les deux équipes avec lesquelles j'ai fait le voyage partir et moi rester sur le bord du chemin. Alors Eric et Jean Raymond me proposent de faire équipe avec eux quand même, en se mettant hors classement. Nous retournons donc à l'organisation pour leur faire part de notre décision (on préfère leur en parler, plutôt que prendre le risque de se faire jeter à la première balise); au vu de la situation très exceptionnelle (accident + la route faite pour venir en Ardèche) ils sont sur le point d'accepter quand je reçois un coup de fil de la maman d'un jeune homme dont le coéquipier s'est désisté. Un très bon orienteur selon ses dires, et assez fort physiquement, inscrit sur le circuit D (il a fait un raid de 35 km en 7 heures il y a 3 semaines et semble être à fond dans la CO). J'accepte à condition que l'on fasse le circuit B, avec Jean Raymond et Eric. Je n'ai pas vraiment envie de passer deux jours de course avec un inconnu.

Mathieu  arrive à 12h passées; j'ai  le sentiment que sa mère l'a un peu forcé à venir. J'imagine aussi que ce n'est pas facile pour lui d'intégrer un groupe de 3, et même 5 au début...  Moi aussi, je stresse un peu : il a l’air d’avoir de la ressource, c’est un petit jeune et il se pourrait bien qu’il soit bien plus fort que nous et qu’il s’ennuie… Mais j’ai confiance. Il a l’air cool !

  

 

 

Samedi après-midi.

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Le départ est donné à treize heures sur la place du village. C’est un défilé incessant de coureurs ; les quelques 1000 paires de pieds soulèvent la poussière, car à ce moment-là, le temps est encore sec… C’est parti pour l’aventure. Dès le départ, nous grimpons dur ! Le report des balises sur la carte se fait dans la pente : 21 postes, 19 100 m, 940 m D+. Au début, nous courons à six. Pas facile de rentrer dans la carte, il faut s’habituer à l’échelle. Puis dès le début, Arnaud et Emilien prennent une option différente de la nôtre ; c’est là que nos chemins se séparent. Eric, Jean Raymond, Mathieu et moi, pour limiter les risques d’erreur en début de course, préférons récupérer la piste plutôt que suivre les courbes de niveau entre les postes 3 et 4. Nous traversons des paysages magnifiques ; nous alternons dépressions, ruines, clairières, rochers, rentrants, source, marais, ruisseaux, falaises, sommets (ah, la balise 16 !!!), toujours à quatre, nous relayant pour l’orientation.

 

 

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Au début, le temps est correct ; le soleil n’est pas franc, mais il fait lourd. Et ce qui devait arriver arrive : l’orage éclate une bonne heure avant la fin de la course. Après 28 km de crapahutage et 1100 mètres de D+, nous arrivons au bivouac sous une pluie battante. Les frères Baillet sont déjà là.

 

bivouac

   

Nous parvenons tout de même à monter les tentes entre deux averses et à manger presque au sec. Mes cheveux sont trempés, ils ne sècheront pas de la nuit. Mathieu n’a pas de pantalon de

rechange ; il est frigorifié…

 

popote 

Dans cette ambiance plutôt humide, notre voisin de bivouac trouve le moyen de mettre le feu. Au début, nous croyons que c’est la tente qui crame, mais heureusement, non ! Je ne vous explique pas comment le type est sorti rapido de sa guitoune !

Nous ne tardons pas à nous coucher ; la nuit sera courte !

repas-fatome

 

 

Dimanche matin.

 

A cinq heures, une musique résonnante nous réveille : de la samba ! On ne traîne pas : il faut petit-déjeuner et ranger tout le matériel afin d’être dans les starting block à l’heure : le départ de la course est donné à six heures trente ! Il se met à pleuvoir alors que nous allons partir…


Emilien-et-Arnaud
Mathieu-et-moi 
 JR-et-Eric

 

Grrrr !!! Nous sommes dans les nuages… Arnaud et Emilien font bande à part  dès le départ. Hier, ils n’ont pas ramassé toutes les balises, ils sont donc déjà hors course, et aujourd’hui ils ne feront pas tout le circuit, volontairement, et même raisonnablement. Emilien est blessé au genou et comme il a un raid important en juin, il veut assurer un maximum.

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Cette fois, le report des balises se fera sur la route. La pluie va nous accompagner un bon bout de temps. C’est reparti pour les buttes, falaises, collines, rochers, ruisseaux, ruines, clairières, ravines.... et une longue, longue route entre deux balises, interminable. Jean Raymond a un peu plus de mal à courir, Eric et moi, ça va, et au moment où JR récupère sa pêche, c'est Mathieu qui s’écroule et à partir de cet instant, la course devient un calvaire pour lui et notre progression s'en trouve fort ralentie.

 

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Il songe même à abandonner à mi-course (lorsque l’on repasse par Saint-Cirgues) mais après une pause le temps de reporter le reste des balises, il décide de continuer. Dur! Mais...chapeau!

 

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Nous faisons au final la même distance qu’hier, soit 28 km, avec un peu moins de dénivelé (900 mètres), pour 19 600 mètres annoncés, 840 mètres de D+ et 29 postes.

  

Nous franchissons la ligne d’arrivée avec le sourire. Arnaud, Emilien et la maman de Mathieu sont là pour nous accueillir.

 

 

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Après une petite séance photo, nous allons prendre le repas chaud qui nous attend à la salle des fêtes.


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Au niveau des classements : nous sommes bons derniers, mais nous avons ramassé toutes les balises! Pour une première participation à ce genre de raid, nous n’avons pas choisi le circuit le plus facile (je dirais même que c’était le plus difficile, celui juste après le parcours « élite »). De plus, nous n’avions aucune idée de ce qu’était un raid orientation, pratiquant habituellement les raids multisports.

 

 

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C’était difficile tant sur le plan technique que physique, mais nous nous sommes frottés à des « bons », au regard des écarts de temps entre la première équipe et … nous ! Nous n’avons donc pas à rougir de notre prestation !

Il faut également préciser qu’il y a eu un nombre impressionnant d’abandons et de « PM » ou autrement dit, de postes manquants (balises non trouvées). Alors…..


 

Anecdotes :

 

Sur le parcours, j’ai récupéré : un stylo indélébile, chouette pour tracer le circuit du second jour, des piquets de tente tombés d’un sac (le propriétaire en était super content et m’a fait un gros bisou pour me remercier), encore autre chose… Avant cela, j’avais déjà trouvé l’appareil photo d’Emilien sous la table d’une aire d’autoroute où nous avons fait une pause casse-croûte, tombé de sa poche…

On peut dire que j’ai fait la voiture balai sur ce coup-là !

Le second jour de course, il fallait passer de l’autre côté d’une clôture. La fatigue aidant, on ne savait plus trop bien s’il valait mieux lever la jambe ou courber l’échine pour la franchir, quand je me suis rendue compte … qu’il suffisait de retirer un piquet en bois pour ouvrir le passage (ouverture prévue, donc). Les organisateurs postés tout près de là pour nous empêcher de passer n’importe où m’ont remerciée et demandé de laisser la « porte » ouverte. Rigolo !

 

Après le repas, Emilien, en homme galant, a porté mon sac jusqu’à la voiture. Il n’en est pas revenu du poids qu’il faisait et se demande encore comment j’ai fait pour courir avec cette charge sur le dos pendant deux jours…

 

Enfin, ces deux jours de raid ont été ponctués par les chamailleries de Jean Raymond et Eric, un vrai petit « couple », ces deux-là ! Si Mathieu en fut un peu surpris au départ, car ne connaissant pas les lascars, moi, je m’en suis amusée… 

 

 

 

Bilan n° 1, à chaud :

 

J'étais en forme physiquement. En orientation, nous nous sommes relayés sur les deux jours. Mathieu est resté très discret.

Le circuit était très technique et dur physiquement (au dire de certains orienteurs, plus difficile que les années précédentes). Les garçons ont couru sur le circuit prévu (le B), tandis que moi, je devais courir avec François sur le circuit C, un peu moins long, peut-être moins dur techniquement, aussi (la comparaison des deux circuits est en cours…), sur lequel on aurait bien tourné, je pense…

Mais je suis contente d’avoir bouclé le B.

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Nous sommes rentrés le dimanche soir un peu avant minuit.

Je me suis couchée avec des images plein la tête. Cette nuit-là, j’ai dormi profondément, comme cela ne m’était pas arrivé depuis un moment. Le lendemain, au réveil, j’ai été agréablement surprise de constater que je ne ressentais aucune douleur, aucune courbature, ni au niveau des jambes, ni au niveau des épaules (ce qui aurait pu arriver à cause du poids du sac, estimé à … 7 ou 8 kg). Alors je suis allée courir, tranquillement, une petite heure au Mont-Ganelon.

En fait, le poids du sac n’a pas été plus gênant que cela. Dès les premiers mètres de course, j’ai eu le sentiment que je me retrouvais dans la montagne, comme l’été dernier, et les petites ailes dont je parle souvent dans le blog sont réapparues sous mes baskets… Magique !

 

 

 

Bilan n° 2, quinze jours après (extraits du commentaire laissé dans le livre d’or du Team Ecouvillon)

 

Quelle belle aventure, le raid o'bivwak...  Un sac de quelques kilos sur le dos et de belles valises sous les yeux (voir photos) !!! Il faut dire que l'accident de François m'a pas mal affectée, d'autant plus que c'était la seconde fois qu'on se "ratait" pour un raid. J'avais des scrupules quant à participer sans lui, mais je n'aurais pas supporté de faire le trajet retour avec les quatre raideurs du Team Ecouvillon Aventure et les écouter raconter leur aventure dans la voiture... Je remercie les garçons de m'avoir emmenée là-bas. Merci à Eric et JR de bien avoir voulu faire le parcours à 4 avec mon coéquipier inconnu; c'était chouette. Merci pour les parties de rigolade et pour tout, tout, tout!!! La pluie est déjà oubliée; et puis, elle m'a permis de m'éclater dans la boue ;-)

Je garde en souvenir la balise 16 du premier jour, 2 cm sur la carte et 15 courbes de niveau (échelle 1/20 000 et équidistance 10 m, je vous laisse convertir!!!). Le report des balises à quatre pattes dans l'herbe à flanc de montagne le premier jour, puis sur la route, sous le poncho, le jour suivant. Entre Eric, JR et Mathieu, j'étais la seule à avoir encore une carte potable, je dirais même en très bon état... Le départ des 2 000 coureurs, impressionnant, moi qui stresse toujours de me prendre un coup de coude dans la masse ou de tomber et me faire écraser... La file des coureurs dans la montagne, le bivouac avec toutes les tentes, le paysage magnifique (si, si, on l'a vu, il n'a pas toujours plu). Le réveil en musique, olé samba! Sympa à 5h du mat'. La fin du parcours, où l'on n'avait qu'une envie : courir, encore! Oui, c'était vraiment extraordinaire et je suis contente d'avoir bouclé le circuit B, étant initialement inscrite sur le C. Avec le genou remis, Emilien pourra ramasser toutes les balises avec son frangin l'année prochaine. J'espère que je pourrais voir ça de près et que nous serons tous de la partie le w-e de la Pentecôte 2010!

 

 

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