Raid Epernon Juin 2008

 

1er juin 2008. Raid Epernon.

 

 


Copie du récit écrit « à chaud » sur papier et retranscrit ici plus d’un an après…

 

Nous (Ludo et moi) partons la veille de la course, afin d’éviter un

réveil trop matinal le dimanche matin. Ludo vient me chercher. Il a

oublié son duvet. Heureusement, j’ai ce qu’il faut à la maison ; je lui

en prête un.



On merdouille un peu à Nanterre. Plus loin, à Rambouillet, nous

allons vers Chartres, au lieu d’Epernon. Manque de concentration.

On parle trop !



Arrivés à Epernon, nous montons rapidement les tentes (surtout

 la mienne – elle mérite bien son nom « 2 seconds » !). Il n’y a

presque personne sur la pelouse du gymnase !




Le soir, histoire de prendre des forces, nous allons manger dans une

 crêperie sympa, sans plus : la serveuse ne nous laisse même pas le

temps de nous installer qu’elle nous saute dessus.


Ma crêpe est grasse.


Dessert pour Ludo : crêpe chocolat


Dessert for me : banana split.


L’ambiance est fort sympathique… C’est plutôt génial.


Ludo a un coup de pompe vers 21 heures. Il dit que ça lui arrive

souvent en ce moment.


A la sortie du resto, nous allons voir si Eric et JR sont arrivés. Ils

 sont là ! Leur raid à eux commence à minuit ; nous sommes présents

pour les encourager.


Ils sont en pleins préparatifs : un vrai petit couple, ces deux-là !
 

Ludo nous raconte son Paris-Dakar. Comment il a passé 23 heures

dans le désert quand il a abandonné, à trois ou quatre jours de

l’arrivée. Le temps qu’il a mis à rallier l’étape, puis à rentrer chez

lui… Chouette moment.

 

jr epernon  (Jr tout à fait à gauche, concentré, concentré!!!)

 

  profil epernon



Réveil du dimanche matin : on a mal dormi tous les deux. Le p’tit

déjeuner est pris debout : café, petits pains grillés, beurre, miel

d’Amélie les Bains, jus d’orange. Sympa et … tout ce qu’il faut pour

 être en forme. Il paraît que le jus d’orange et le miel, c’est radical

contre les crampes ; c’est ce qu’il me faut.


Tout à coup, on se réveille, vraiment : le briefing va avoir lieu et on
 
n’est même pas encore allés aux vérifications techniques, ni chercher

 les dossards.

  raid epernon

 

 


Horreur : le départ du raid est au Super-U, à un kilomètre du

gymnase, qu’il faut faire en courant, bien sûr… Puis il faut revenir

au point de départ pour faire la première course de 5 km, dans la

ville.

 

On est aussi peu stressés l’un que l’autre, ça craint quand même un
peu, mais on arrive à l’heure pour le départ !

 

raid epernon 3 


 Je déteste cette première partie en ville. Du bitume, deux boucles.

J’ai hâte de prendre le VTT pour partir en forêt. Enfin…pas tant

que ça.


Le parcours me semble interminable. Je rame, je rame, c’est horrible.

Et Ludo aussi, visiblement. Waouh, ça paraît mal engagé !


Enfin, nous sommes partis pour 80 bornes, autant commencer

doucement !


Les épreuves s’enchaînent.


On se trompe au début de la première portion VTT. Nous prenons le

risque de se dire qu’il n’y avait pas de balise dans cette partie et on

continue le parcours. A l’arrivée, on bipe deux balises. Il y en avait

trois, donc une sur la partie que l’on a zappée. Ca commence bien !


 Séquence canoë : je ne sais pas ce que je fais, je pose d’abord le pied

gauche dans l’embarcation puis après un moment d’hésitation, plouf,

je bascule de l’autre côté. Bain forcé dans trois centimètres d’eau,

c’est assez pour que je sois trempée, mais pas suffisant pour amortir

ma chute ; je me blesse très légèrement au bras.


La jeune fille de l’organisation se précipite pour prendre une photo. 

 
Belle partie de rigolade !

 

raid epernon 4 


 

Quand je pense que Ludo m’a tenu le canoë le plus près possible de

la rive afin que je puisse m’y installer sans mettre les pieds dans

l’eau… Ben, raté ! Ludo, tu sauras qu’en digne fille de batelière,mon

corps est inexorablement attiré par l’élément liquide !!!


 

Le site est tout simplement magnifique ! Petit cours d’eau, château

Renaissance et viaduc se côtoient sous notre regard illuminé. Le

parcours me semble long, mais avec Ludo, on ne s’en sort pas trop

mal, en essayant de nous synchroniser le mieux possible, tout cela

sans s’être coordonnés au préalable. Et puis, c’est tellement joli,

calme, apaisant,… romantique !!!!

 


epernon

epernon 2
 

Nous passons ensuite à la section CO VTT avec report d’azimut. Je

ne sais pas faire ça, moi ! C’est Ludo qui donne un cours à

l’orienteuse. La honte pour moi ! Heureusement qu’il a fait cela la

semaine dernière à la CO VTT de nuit de l’Ecouvillon !!! Sinon,

moi je me serais complètement  plantée sur ce coup-là.

 

Je grelotte.

Je retire mon tee-shirt trempé et enfile ma veste VTT ;

heureusement que je l’ai gardée !


J’aime bien cette portion VTT.


[...]

 

J’ai arrêté de faire le compte-rendu de ce raid à cet instant, écrivant probablement sous le coup de la fatigue : « plus trop le courage d’écrire ».


 

Je me souviens d’une longue CO à pied, plutôt dans les champs, puis d’une autre, en forêt, où Ludo s’est pris un coup de jus en franchissant une clotûre. Douleur inutile, car nous n’étions pas au bon endroit pour trouver la balise recherchée (erreur de lecture de carte…). Il a donc fallu refranchir cette barrière électrique une seconde fois…avec d’énormes précautions. A la fin de cette course, moi, du jus, je n’en avais plus !

 

Je me souviens d’une séquence émotion : j’étais cachée (bien involontairement) dans les fougères, à l’endroit où l’on venait de croiser Eric et JR, près d’une falaise. J’ai appelé Ludo pour que l’on se retrouve ; il m’a demandé « qu’est-ce qu’il y a, ma puce ? ». Moment de tendresse dans un environnement hostile (je hais les fougères)…

 

Je me souviens avoir terminé la course avec JR et Eric, ce qui m’a remotivée, car je n’en pouvais plus. Tous les quatre, nous avons longé un champ pendant un bon bout de temps, il n’y avait même pas de chemin. Nous sommes revenus trop tard à Epernon pour faire l’atelier de corde. J’ai râlé, j’avais encore un peu d’énergie pour faire le singe, moi !

 

Je me souviens de ce raid sur lequel j’ai pour la première fois allongé la distance. Habituée aux formats de 50 km environ, ce 80 m’a paru un peu long, probablement parce que trop « roulant ».

Mais j’ai beaucoup aimé quand même. Ludo et moi avons, je pense, formé une bonne équipe, nous complétant et nous remettant régulièrement dans la carte dans les moments de doute ou de fatigue.

 

Je crois me souvenir que j’ai eu des crampes, au run § bike. Je n’ai pas dû mettre assez de miel sur les tartines du p’tit déj’ !!!

 

Je me souviens avoir eu le sentiment de courir en dessous de mes capacités ce jour-là, mais aussi avoir franchi la ligne d’arrivée avec le sourire, avec encore de l’énergie, ce qui me fait dire que je n’ai certes pas tout donné mais qu’après 11 heures d’effort, j’étais encore capable de mettre un pied devant l’autre et que c’est ce qui compte, non ?

 

Je me souviens avoir reconnu une voiture de menuiserie marine garée devant un troquet dans un village que nous traversions sur la route du retour. Ludo et moi nous sommes alors arrêtés pour siroter une bière avec Eric et JR, pour échanger encore un peu sur « l’aventure » que nous venions de vivre…

 

Tous ces moments sportifs sont pour moi inoubliables ; ce sont des moments intenses, vécus à fond, probablement les seuls instants où je parviens enfin à ne plus penser à autre chose qu’à ce que je suis en train de vivre.

 

ticket epernon