Le Trail de Quéribus, 19/05/13

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Dimanche 19 Mai, 9h00, 9h15, Cucugnan. Je cours un peu, pour dire de… Un petit vent frais souffle, mais finalement, le soleil chauffe quand même. J’ai le temps de retourner à la voiture pour y laisser la veste que j’avais jusqu’à présent gardée. Je remonte tranquillement la rue principale de Cucugnan, au bout de laquelle se dresse l’arche de départ. Je n’ai même pas le temps de me placer parmi les coureurs que j’entends « 3, 2, 1, partez ! ». Oups, je n’ai pas le temps de me poser de questions que c’est parti… Je viens d’allumer le GPS, je suis lancée dans la course avant même qu’il ait capté les satellites… Quand je pense que je suis sur place depuis hier soir; c'était bien la peine, tiens!

C’est donc en queue de peloton que je commence le trail et je n’aime pas ça. Et encore moins dès la sortie du village, où une petite grimpette de rien du tout freine tout le monde. Ca marche déjà. Grrr…Au loin, je vois la file des coureurs s’étirer. Je vois aussi que ça descend à quelques mètres de là. Alors je décide de doubler dans cette première côte ; je pourrai récupérer après, dans la descente. La trace est étroite, tant pis pour les rayures sur les jambes, je passe à côté, dans la végétation basse. Après ces premiers mètres de D+, comme j’ai du mal à me faire mon trou, je reste dans ma lancée et continue de doubler dans la descente. Je sais qu’après, on attaque direct la belle montée vers le château de Quéribus, et que là, je ne courrai plus de toutes façons. Je pourrai « récupérer » à ce moment-là.

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C’est un beau raidillon, fait pour moi, et là encore, je passe pas mal de monde. J’arrive au premier ravitaillement, sur le parking du château, je ne bois pas. Je prends juste un bout de ce que je crois être du pain d’épices, mais quand je me rends compte que c’est du quatre quart, je le repose. S’ensuit la montée vers le château de Quéribus, en partie sur route cimentée, où une fille me double. Je suis un peu déçue quand je vois qu’on ne rentre pas dans l’enceinte du château, mais qu’on passe juste en dessous. Mais cette déception est vite oubliée quand je vois que l’on s’engage sur les crêtes… Yeah ! J’ai le sourire jusqu’aux oreilles (enfin, je crois !).

 

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Y’a juste un truc qui me fait râler, c’est cette fille qui m’a doublée, qui avance maintenant d’un pas beaucoup plus hésitant et qui me freine. Dès que je le peux, je repasse devant, mais une bonne partie de la crête est déjà passée. Peu après, je tombe sur un coureur pas à l’aise du tout sur ce type de terrain que je laisse derrière moi. Les rafales de vent sont parfois impressionnantes, les vues sur le château superbes. En revanche, je ne me rappelle pas avoir vu le Canigou. Etait-il caché dans les nuages ou est-ce moi qui n’aie pas fait attention ?  

Après ce joli moment qui chatouille les doigts de pied, on attaque une descente technique, bien raide, où un autre coureur me ralentit. Un traileur me talonne, il soupire, je lui dis « ben oui, mais… ». Du coup, le mec de devant se met sur le côté pour nous laisser passer. Merci Monsieur ; on reprend notre rythme.

Cette belle descente nous mène sur une piste, celle du Sentier Cathare, en direction de Padern. Je connais cette portion, et je m’attends à faire quelques kilomètres sur cette piste. Sauf que… pour mon plus grand plaisir, on la quitte rapidement pour prendre des sentes dans la forêt de buis, jusqu’au prieuré de Mohlet, et après, je ne sais pas si on court sur un sentier existant ou si les organisateurs du trail l’ont tracé spécialement pour nous, mais nous nous retrouvons sur une sente dont on dirait qu’elle vient d’être créée. Un peu comme si un ouvreur était juste devant nous avec son coupe-coupe ! On monte, on descend, on est à flanc… Là, ça commence à me sembler long. On perd beaucoup d’altitude et je me demande si on va arriver au château de Padern ou directement au village. Nez en l’air, je cherche sur les crêtes la silhouette de ce vestige. Les deux coureurs qui sont devant moi doivent en faire de même, car celui qui nous suit nous crie : « Hey, les mecs – merci pour moi! – c’est à gauche ! ». Oups, on a raté le balisage, pourtant bien visible ! Et on continue de descendre, descendre… Finalement, on arrive à une pancarte, plantée dans un endroit improbable qui indique « Pas de …./vers le château » et peu de temps après, nous passons effectivement au pied des ruines du château de Padern. Quelques secondes plus tard, la traversée du village est très sympathique.

 

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C’est après que les choses vont devenir plus difficiles pour moi. Depuis que j’ai bu et grignoté un bout de pâte d’amande au kilomètre 8, je me sens un peu barbouillée. Et ça ne s’arrange pas. L’arrivée sur le plat, au bord de la rivière, avec le vent en pleine face, me file un coup de mou. Enfin, ce n’est pas vraiment ça. J’ai plutôt un moment de démotivation, je n’ai plus envie d’avancer. Je courotte, après avoir retraversé la rivière, on repart sur des sentes, je me lasse un peu, et même quand c’est plat, je n’ai plus envie de courir…

Heureusement, la motivation revient vers le kilomètre 15 ; je viens de passer pas mal de temps sans voir personne, et j’entends un coureur qui arrive derrière moi. J’en rattrape un autre. Je me sens nettement mieux, le coup de mou est passé. Et là, alors que je suis bien repartie, le parcours vire à gauche toute, et on se retrouve face à un mur qui a pour effet de nous stopper net dans notre progression. Mais finalement, cette pente bien relevée comme il faut va me faire le plus grand bien. Tandis qu’elle en achève plus d’un – certains sont arrêtés au milieu, courbés, les mains sur les cuisses – moi aussi, je mets les mains sur mes cuisses, mais pour avancer… Alors que tout le monde cale, je m’envole ! Bien sûr, je ne cours pas, mais là encore, je remercie les heures passées à gravir les pentes ariégeoises… si je n’avance pas sur le bitume et sur le plat, là, je suis encore capable d’aller « vite ». Un, deux, trois, sept, dix, je double, je double… Ce n’est que l’arrivée au col qui m’empêche de remonter davantage. Le château de Quéribus entre à nouveau dans le paysage, Cucugnan est en bas, tout proche ; il ne nous reste plus qu’à filer vers l’arrivée. Juste avant le final, ça remonte légèrement, si peu, mais c’est finalement cette petite côte qui me fait le plus souffrir…

Je franchis la ligne d’arrivée après 2h54 et 20 km de course, pour un D+ de 1100 mètres. Au classement, je reste fidèle à moi-même, puisque j’arrive 14ème féminine et 6ème de ma catégorie.

Je suis à la fois contente de mon classement au général, 125ème, parce que étant partie dernière, je suis quand même bien remontée… mais aussi un peu déçue de mon temps… Certes, j’ai trouvé ce parcours difficile et exigeant, mon premier sentiment à l’arrivée c’est que c’est le trail le plus difficile que j’aie couru depuis ma reprise, pourtant, les conditions de terrain étaient bonnes, et la météo aussi. Ce qui me confirme que je suis une coureuse « hivernale », la boue me convenant mieux qu’un terrain sec. Ou alors, j’étais moins en forme. C’est vrai qu’entre les kilomètres 8 et 14, je n’ai pas trop fait d’efforts !!! Ou encore, ce trail était plus technique que les autres… Entre la crête et les sentes « inventées » il était parfois bien difficile de courir.

Mais à quoi bon analyser, le principal étant que je me suis régalée, mais vraiment ! C’était vraiment un beau trail et un beau parcours ; un joli profil, aussi…

Vivement le prochain !

 

parcours trail queribus 

profil queribus